Arrêt de travail et culpabilité : et si c’était le point de départ d’un nouveau souffle ?

Un arrêt de travail n’est ni un échec, ni un aveu de faiblesse. C’est une prescription médicale, un soin à part entière. Ensemble, penchons-nous sur ce que ce temps de pause peut réellement vous apporter.

6/25/20263 min read

clear drinking glass on brown wooden table near body of water during daytime
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Si vous lisez ces lignes aujourd’hui, c’est peut-être parce que votre médecin vient de vous prescrire un arrêt de travail, ou que vous sentez, au fond de vous, que vous filez tout droit vers le mur. Vous ressentez probablement cette fatigue immense, ce poids invisible sur les épaules qui rend le moindre e-mail insurmontable. Et pourtant, une petite voix insidieuse tourne en boucle dans votre tête : « Je lâche mon équipe », « Je ne suis pas assez fort(e) », « Qu’est-ce qu’on va penser de moi ? ».

Je veux que vous sachiez une chose essentielle : ce que vous ressentez est tout à fait normal, mais cette culpabilité n’a pas sa place ici. En tant que psychologue du travail, je rencontre chaque jour des personnes formidables, investies et courageuses, qui oublient que le courage, c’est aussi savoir s’arrêter avant de s'effondrer.

Un arrêt de travail n’est ni un échec, ni un aveu de faiblesse. C’est une prescription médicale, un soin à part entière. Ensemble, penchons-nous sur ce que ce temps de pause peut réellement vous apporter.

  1. Mettre le cerveau sur "pause" pour sortir du mode survie

Quand la surcharge mentale, les conflits ou le burn-out s'installent, votre système nerveux est en alerte constante. Vous ne vivez plus, vous survivez.

L’arrêt de travail agit d'abord comme un bouclier d'urgence. Ses premiers bénéfices sont immédiats, même s'ils demandent quelques jours d'adaptation :

  • La coupure physique et psychique : S'éloigner des notifications, des réunions et des exigences professionnelles permet à votre corps de faire baisser le taux de cortisol (l'hormone du stress).

  • La restauration du sommeil : C'est souvent le premier signal qui flanche. L'arrêt offre la possibilité de redormir, sans l'angoisse du réveil qui sonne pour aller affronter une journée de trop.

  • Le retour à l'essentiel : Retrouver le temps de manger calmement, de marcher, ou simplement de ne rien faire sans culpabiliser.

Les premiers jours d'un arrêt sont souvent déstabilisants. On peut se sentir vide ou, au contraire, encore très agité. Soyez indulgent avec vous-même. Accueillez ce vide, il est le signe que la décompression commence.

  1. Prendre du recul pour y voir plus clair

Quand on a "la tête dans le guidon", il est strictement impossible d’analyser calmement une situation de souffrance au travail. L'épuisement altère notre discernement.

Prendre de la distance permet de changer de perspective :

  • Comprendre les mécanismes : Qu’est-ce qui a flanché ? Est-ce une surcharge de travail invisible ? Un manque de reconnaissance ? Des relations toxiques ? L'éloignement permet d'analyser la situation de manière plus objective.

  • Accueillir ses émotions : La colère, la tristesse ou la frustration ont enfin le droit d'exister, loin du masque professionnel que vous deviez porter chaque matin.

  • Se rappeler qu'on existe en dehors du travail : Nous ne sommes pas que notre métier. Ce temps d'arrêt aide à se reconnecter à ses rôles de parent, d'ami(e), de partenaire, ou simplement à ses passions oubliées.

Un arrêt de travail réussi n’est pas une simple parenthèse après laquelle on reprend sa vie exactement là où on l’avait laissée. C'est un espace de transition pour reconstruire des bases plus saines.

  1. Préparer un retour durable (et non un retour à l'identique)

Ce temps suspendu est précieux pour amorcer une réflexion profonde :

  • Poser ses limites : Apprendre à dire "non", à déléguer, et à identifier ce qui est acceptable ou non pour sa santé psychique.

  • Envisager l'avenir sereinement : Qu'il s'agisse d'un aménagement de poste, d'un temps partiel thérapeutique, d'une mobilité interne ou d'une reconversion professionnelle, les pistes se dessinent toujours plus calmement lorsque l'esprit est reposé.

  • Se faire accompagner : C’est le moment idéal pour entamer un travail thérapeutique. Vous n'avez pas à porter tout cela tout(e) seul(e). Un psychologue du travail est là pour vous aider à détricoter les nœuds et à reconstruire votre confiance.

Un pas de côté pour mieux avancer

S'arrêter, ce n'est pas renoncer. C'est faire un pas de côté pour observer le chemin parcouru, soigner ses blessures et choisir, avec soin, la direction que l'on souhaite donner à la suite de sa carrière.

Chaque parcours est unique, et le temps nécessaire à la reconstruction l’est tout autant. Si vous traversez cette période de doutes aujourd'hui, rappelez-vous que prendre soin de soi est le projet le plus urgent et le plus légitime qui soit.

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Lohanne Ortega

Psychologue sociale et du travail

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